Le Jardin Médiéval

Le jardin médiéval de Saint-Aubin-du-CormierPanneau du jardin médiéval

C’est après l’acquisition de ces lieux par la municipalité que la commission, en charge de l’environnement, proposa, fin 2008, l’aménagement de cet ancien potager en un jardin d’inspiration médiévale. Ce potager a été aménagé et entretenu par les agents des services techniques de la ville, ainsi que l’association Ragoles et Berruchets. L’objectif est de faire découvrir ou redécouvrir, dans un cadre original, nombre d’espèces végétales locales, anciennement cultivées pour leurs valeurs médicinales, alimentaires ou décoratives…

Les travaux d’aménagement et d’entretien sont le résultat de la collaboration entre les services municipaux et les bénévoles de l’association Ragoles et Béruchets, coordonnés par François Houtin.

L’histoire du jardin médiéval

Au moyen-âge (du Ve au XVe siècle), le jardin est passé, en occident, par de multiples étapes. Les jardins, qui s’en inspirent aujourd’hui, reprennent des principes illustrés par les miniatures et enluminures de l’époque. Premièrement, le jardin est clos. Puis, son ordonnancement est structuré autour de larges allées orthogonales. Pour finir, des parterres géométriques sont délimités par des plessis, buis, pavages, planches, etc.

On y cultive des plantes à vocations médicinales, tinctoriales, aromatiques, alimentaires, etc. Progressivement les plantes d’agrément y font leur apparition. Plus particulièrement en raison de l’engouement pour les roses.

Le jardin médiéval plan historique

Ici, les plantes ont été choisies à partir de la liste du Capitulaire de Villis, acte législatif, attribué à Charlemagne (IXe siècle). Ce règlement préconisait la culture d’une centaine de plantes nécessaires à la bonne gestion des domaines impériaux. Parmi ces plantes, nous avons privilégié celles aux floraisons jaunes et bleues, rappelant ainsi les couleurs héraldiques de Saint-Aubin-du-Cormier.

L’évolution du jardin

S’il s’inspire de très anciennes traditions, ce jardin n’en est pas moins moderne par sa gestion. Ici, il n’y a pas la volonté de maitrise illusoire de la nature mais d’accompagnement. Vous pourrez donc voir quelques plantes qui se sont échappées de leur carré, d’autres qui se promènent dans les allées. Acceptez-les, comme elles vous acceptent parmi elles…

L’association Ragoles et Béruchets vous propose de voir, de regarder notre cadre de vie, notre quotidien avec un œil nouveau. A force de vivre dans un lieu, nous ne le regardons plus. Ce qui devient ordinaire, devient banal, sans valeur et négligé. Il est important de regarder cette nature dite ordinaire car elle est menacée, mal menée. Ce qui était ordinaire, le devient de moins en moins disparaissant en silence. Ragoles et Béruchets vous propose de découvrir la richesse de notre patrimoine car on ne protège jamais mieux que ce que l’on connait.

Actuellement, les agents des services techniques travaillent dur afin de rendre cet endroit encore plus agréable. Ils sont parfois assistés par les enfants du centre de loisirs qui n’ont pas peur de se salir les mains !

Verveines, menthes, romarins… De nombreuses herbes aromatiques vont prochainement être plantées pour compléter le panel de plantes disponible actuellement.

Quelques exemples de plantes du jardin, et leurs vertus avérées ou supposées

Absinthe (Artemisia absinthium)

Pour commencer, l’absinthe est une plante vivace, médicinale. Elle est en effet réputée pour fortifier l’estomac et tuer les vers. Ce fût un groupe de plantes dédiées à Artémis (déesse de la chasse chez les Grecs) pour leurs vertus gynécologiques supposées. Pour finir, c’était une boisson très à la mode au XIXe siècle. Elle fût interdite à partir de 1915 et jusqu’en 1988. Pour cause, cette plante est neurotoxique.

Bourrache (Borrago officinalis)

Cette plante peut tout d’abord être récoltée toute l’année. Elle fût par conséquent consommée au Moyen Age, comme l’est l’épinard actuellement.  La bourrage produit des fleurs comestibles. L’utilisation prolongée n’est cependant pas recommandée. Elle fût diffusée par l’Espagne musulmane sous le nom d’ « abu rach » : père de la sueur.

Chélidoine (Chelidonuim majus)

La Chélidoine est tout d’abord une plante vivace, cousine du coquelicot. Du grec « chelidoni »: hirondelle qui trotterait les yeux de ses oisillons pour les taire s’ouvrir. Latex irritant, elle a pour réputation d’ôter les verrues.

Consoude (Symphytum officinalis)

La Consoude est une plante vivace. Du latin consolido, signifie consolider. Elle est en effet réputée pour ses propriétés cicatrisantes, utilisée pour réduire les fractures. Sa toxicité est en revanche variable. Symphytum, plante aux propriétés cicatrisantes.

Gaude (Reseda luteola)

C’est en premier lieu une plante herbacée bisannuelle. La plante entière, séchée, fournit une teinture jaune très résistante. Gaude vient du germanique « waidza » qui désigne le pastel, autre plante tinctoriale. De resedo signifie guérir.

Iris (Iris foetidissima)

L’Iris est une plante vivace. Elle possède des feuilles froissées à odeur fétide. La fleur de Lys, symbole de la royauté française serait en fait une fleur d’iris, appelé Lis des marais à l’époque mérovingienne. Chez les Grecs, Iris était ainsi la messagère des dieux (comme Hermès), trait d’union entre le ciel et la terre, dont le passage est visible lors des arcs-en-ciel. Elle fût changée en chauve-souris par Bacchus (le dieu du vin, dans la mythologie Romaine).

Lamier blanc (Lamium album)

Le Lamier blanc est une plante vivace très recherché par les insectes. C’est en effet une plante sécrétant du nectar à la base de la fleur tubulaire. Dans cette fleur on voyait, au Moyen-Age, le visage d’un lutin mangeur d’enfants… Par sa couleur blanche et sa profonde corole, d’autres y ont vu un remède gynécologique. Le Lamier vient tout d’abord de Lamie, signifiant ogresse grecque qui mangeait les enfants. Mais aussi de « laimos« , gorge, en référence à la forme de la fleur.

Millepertuis (Hypericum perforatum)

Les Millepertuis sont des plantes vivaces. Cette plante a été nommé « Chasse-diable » car elle avait la réputation d’éloigner les mauvais esprits. Sa récolte doit se faire le dimanche, à l’heure de midi, avant d’entendre le son des cloches. Le Millepertuis peut provoquer une photosensibilité sévère après consommation. En ancien français, pertuis désigne un trou. En transparence, la feuille semble perforée de mille trous, qui sont en fait des glandes d’huile essentielle.

Nigelle (Nigella damascena)

La Nigelle est une plante annuelle d’origine du Proche-Orient. Elle fût cultivée pour ses graines aromatiques nommées « cumin noir ». Du latin »niger« , qui signifie noir, de la couleur des graines.

Origan (Origanum vulgare)

L’Origan est une plantes herbacées vivace, de la famille des Lamiacées. Cette plante aromatique est à la fois un condiment et un antiseptique. Son nom viendrait du grec « opoz », signifiant montagne et « ganoz », signifiant éclat : parure des montagnes

Pastel (Isatis tinctoria)

C’est une plante vivace tinctoriale (bleue) avec les feuilles séchées. Grâce à ses feuilles, on fabriquait en effet des petites boules de pâte, d’où le nom de Pastel (pastille). Il fit la fortune du sud-ouest de la France avant l’importation de l’indigo (« des Indes ») à partir du XVe siècle, notamment pour la coloration des toiles de Nîmes avec ce bleu de Gênes.

Rue (Ruta graveolens)

La Rue est une espèce de sous-arbrisseaux de la famille des Rutacées. C’est une véritable panacée. La rue est en effet réputée contre le venin, les morsures des chiens enragés, la colique venteuse, fortifie le cerveau, etc. Sur la peau elle peut provoquer une photosensibilité. Graveolens signifie « dégage une odeur forte ».

Sauge (Salvia officinalis)

Plante vivace, panacée, sa réputation est sans égale pour de nombreuses maladies, voire pour faire ressusciter les morts. Les Grecs l’avaient interdit sur les stades car elle était trop tonifiante. De salvare signifie sauver. Cette plante est toxique à forte dose.

Souci des jardins (Calendula officinalis)

C’est une espèce de plantes herbacées pérenne, à courte vie, souvent cultivée comme annuelle. Elle possède des fleurs jaunes ou orangées. Sa floraison commence aux premiers jours du printemps, et peut durer presque toute l’année. Cette plante est un remède universel contre de nombreux maux : troubles cardiaques, maux de tête, règles douloureuses, morsures, tuberculose, etc.

De solsequia signifie « qui suit le soleil » (les capitules se ferment et s’ouvrent selon l’ensoleillement). De calendes signifie « s’épanouissant durant les premiers jours du mois ».

Tous nos remerciements pour leur contribution à l’association Calendula (Max Baussan, François Houtin (père), Gael Roussiau, Jean-Loup Le Cuff).

 

 

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